Le monde des Tissus, Les Tissus Japonais

Tissus Crêpes Japonais: Chirimens, Kinshas, Omeshi, … C’est quoi? quel intérêt?

Tout est parti du travail de la soie. Elle existe sous de nombreuses formes: satin, taffetas, twill, mousseline, toile, pongé, ….  et crêpe. Tout cela dépend:

  • du tissage (satin, toile et twill / sergé sont 3 façons de tisser);
  • des fils utilisés.

Avant d’être tissé, le fil à soie va être préparé. Cette étape s’appelle le moulinage. Cela consiste à mieux calibrer et/ou assembler, et/ou tordre le(s) fil(s) de différentes façons … Le résultat de ce travail s’appellera organsin, crêpe, grenadine, …. En France, la soie lyonnaise était essentiellement moulinée en Ardèche.

Le crêpe -venu de Chine- est arrivé au Japon à la fin du 16ième siècle (Henri IV pour nous). Le crêpe Japonais le plus connu est le chirimen. Sa caractéristique? ces petites vaguelettes.

Ces vaguelettes sont obtenues par torsion des fils de soie, et en jouant sur la tension des fils.

Quel sont les avantages du Chirimen?

Il y en a de nombreux:

  • il ne froisse pas, ou presque. Avec l’apparition du synthétique, il a en plus l’avantage de pouvoir sécher rapidement;
  • c’est un tissu souple, extensible, agréable à porter.
  • étant aéré, il aide à s’isoler du froid en hiver (surtout s’il est épais), et a l’avantage de ne pas coller à la peau en été (quand il est léger).
  • le fil étant solide et torsionné, ca donne un tissu particulièrement résistant et durable. Il peut être même re-teint plusieurs fois.
  • avec le relief des petites vagues, le tissu s’enrichit sous la lumière.

Y a t il différents types de Chirimens? Oui, plein.

Les chirimens se différencient par leur poids (6 catégories), leur matière (soie, viscose, polyester), le tissage, et la teinture.

Ces différences sont surtout liées à l’usage: pour des kimonos, on utilisera un chirimen à petites vaguelettes (Hitokoshi Chirimen). On utilisera les plus épais pour faire des poupées, des sacs (furoshikis), ou pour habiller / décorer une multitudes d’objets quotidiens.

Quelques infos en plus

Pour le chirimen, on utilise de la soie grège (i.e. avec sa « colle » naturelle, la séricine). On assemble et tordait plusieurs fils ensemble. Et cet épais fil était tissé par croisement sur un fil plus fin. Alors, les vaguelettes apparaissaient lorsqu’on lavait le tissu pour enlever la séricine (qui pèse environ 1/4 de l’ensemble). Ce lavage s’appelle le décreusage (ou décrusage). Lors de cette opération, les fils vont en partie se détordre, et créer le relief.

Une autre technique pour obtenir un chirimen consiste à tisser alternativement et avec des tensions différentes un fil torsionné dans un sens, puis un fil torsionné dans l’autre sens (alternance des torsions en S, et en Z). Pour donner un ordre d’idée, sur machine, le fil sera tordu entre 3 et 4000 fois par mètre.

Les techniques se sont industrialisées, et sophistiquées ; elles ont permis de créer des chirimens utilisant des matières synthétiques. Et si avant, le tissage était basique (armure toile), on utilise aussi maintenant des métiers Jacquard pour obtenir des dessins.

Il y a 2 endroits connus pour le chirimen: la province de Tango, et la ville de Nagahama – tous 2 assez proches de Kyoto.

Le crêpe Kinsha est un crêpe Chirimen à la fois plus fin et plus léger, utilisé pour l’habillement en été.

Le crêpe Omeshi a lui la particularité d’être teint avant le tissage. Ses dessins sont donc obtenus par le tissage.

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