Le monde des Couleurs, Théorie & Pratique

Couleurs et Harmonie – Comprendre Vraiment les Fondamentaux (Beaux-Arts, Physique, Physiologie, ….)

Quelle couleur de ceinture sur telle robe? Quelles couleurs privilégier par rapport à celles de votre visage? Pour un foulard, un rouge à lèvre, …..

Pour comprendre pourquoi ça va ou pas, et pour trouver vos propres bonnes réponses à ces questions, il faut connaitre un minimum de rudiments “techniques”. Ce post vous les donne. Il me semble que tout est très clair, exhaustif, et très facile à comprendre. Par contre, c’est riche et vraiment dense. Peut-être vous faudra-t-il un peu de temps et de pratique pour “digérer”, puis tout mettre à sa juste place.

Enfin, dans chaque post dédié à la couleur, j’essaie toujours d’approfondir un point, ou d’ajouter un nouvel éclairage. Lire ces posts, même si cela concerne des couleurs qui ne sont pas les vôtres, vous aidera à assembler le puzzle, et à mieux maitriser les interactions. Je précise un point: si vous lisez plus, je ne gagne rien. Tout est sans pub, sans affiliation, … c’est exclusivement ma manière de me faire connaitre en tant qu’artisane, réalisatrice d’accessoires, et avec de solides compétences.

Qui suis-je?

Je m’appelle Polina. Je suis une Artisane, créatrice / réalisatrice d’accessoires de mode.

Avec plus de 200 tissus à votre disposition. Haut de gamme, en matières naturelles (coton, laine, soie, lin).

Cet article vise à me faire connaitre, et reconnaitre. À vous inciter à découvrir mes savoir-faire sur les accessoires (bandeaux, ceintures, écharpes, foulards, noeuds papillon, …).

Rapide Introduction

Si vous voulez être plus à l’aise dans le monde des couleurs, il y a quelques fondamentaux qu’il faut vraiment connaitre et

  • comment marche la lumière?
  • comment marche notre oeil?
  • comment lire et décoder une couleur?
  • ce qui influence notre lecture des couleurs?

Quand on ne les connait pas, on fait forcément de fausses interprétations.

La lumière -blanche- contient toutes les couleurs

C’est une des grandes découvertes d’Isaac Newton, à la fin du 17ème siècle: la lumière -blanche- est en fait un mélange de toutes les couleurs. Ce que l’arc-en-ciel nous montre naturellement.

Ce qu’on appelle le spectre lumineux inclut aussi certaines longueurs d’onde que l’oeil humain ne perçoit pas, comme les infra-rouges et les ultra-violets.

Toute couleur que voit notre oeil est celle qui n’est pas “enlevée”. Sauf sur les écrans.

Un objet éclairé par la lumière solaire (blanche) reçoit donc toute l’infinité de couleurs qu’elle contient.

La couleur de l’objet que voit notre oeil est celle qui est “réverbérée” par l’objet. Les autres sont en fait absorbées par l’objet.

Techniquement, on parle ici de synthèse soustractive. Il y en a une autre qu’on appelle additive, qu’on va voir juste après. On l’appelle soustractive parce qu’on enlève des couleurs à la lumière blanche qui les contient toutes.

Ceci est le principe de la vie “réelle”. Il faut vraiment se le représenter de cette manière: quand on mélange 2 pots de peinture de couleur différente, la couleur obtenue est celle qui n’est pas enlevée par les 2 à la fois.

Un écran n’utilise pas la lumière solaire; il part du noir, et envoie des lumières monochromes, qu’il mélange pour obtenir les différentes couleurs. On parle ici de synthèse additive parce qu’on crée une lumière colorée.

On peut enfin ajouter que toute personne qui travaille sous la lumière du soleil ou d’une ampoule, qu’il soit peintre, teinturier, céramiste, etc., travaille de fait en synthèse soustractive quand il mélange des couleurs. Et que jusqu’au 20ème siècle, toutes nos références (type bleu + jaune = vert) étaient uniquement en soustractif.

Toute couleur s’obtient en mélangeant 2 ou 3 teintes particulières. Mais c’est une vraie source de confusions.

C’est ce qu’on appelle la synthèse des couleurs, synthèse étant ici à considérer au sens de fabrication, de la même manière qu’on dit colorant de synthèse, ou tissu synthétique.

Un jour donc, on a compris que “couleur vue” = “lumière solaire” – “couleurs enlevées”.

De cela, on peut déduire que: “couleur vue” + “couleurs enlevées” = “lumière solaire” …. et qu’un tel mélange doit donc “mathématiquement” donner du blanc.

Et puis un jour, on a su identifier précisément la couleur exacte de ce qui est enlevé, qu’on a appelée “complémentaire”.

Et puis un jour, on a découvert que 3 “colorants” peuvent suffire à obtenir toutes les autres couleurs.

Le modèle pilier, utilisé traditionnellement dans les arts et le design, s’appelle maintenant RYB, qui dérive de Rouge / Jaune / Bleu en anglais. C’est un modèle soustractif. Avec ces 3 couleurs, on peut effectivement obtenir toutes les autres. Du moins théoriquement, car en pratique, on ne peut pas avoir des pigments parfaits … ils sont toujours dans un support (eau, huile, …), et jamais totalement purs, stables, homogènes, … par contre, avec un peu de pratique, on apprend à compenser et on y arrive.

Dans l’édition, on travaille avec cyan, magenta, jaune et noir. Le noir s’obtient aussi en mélangeant les 3 autres, mais comme ça coute 3 fois + cher en encre, et qu’on l’utilise énormément (textes, N&B, etc.), on l’a ajouté. En outre, il contribue aussi à améliorer le rendu des contrastes.

Dans un écran, c’est totalement différent: on utilise pas la lumière solaire, c’est l’écran qui crée sa propre lumière. Ici, toutes les couleurs (ou presque) sont obtenues en utilisant 3 faisceaux monochromes: rouge, vert, et bleu (système dit RVB, initiales des 3 couleurs). On est donc en synthèse dite additive; on ne part pas du blanc, comme une toile ou une feuille de papier, mais d’un écran noir. Et on peut considérer qu’on crée ainsi directement la lumière colorée qui est “réverbérée” à l’oeil.

Ces 2 systèmes sont souvent utilisés comme repère pour composer des couleurs ou des palettes. On les représente notamment sous forme de roue (ou cercle) dite “chromatique”, où chaque couleur est diamétralement opposée à sa complémentaire.

Dans la vie pratique, ces 2 systèmes engendrent des confusions et des erreurs de jugement.

D’abord, ils donnent des résultats différents. En additif (écrans), jaune est opposé au violet. Alors qu’en soustractif, jaune est opposé au bleu.

En fait, les 2 modèles sont imparfaits et vous pouvez utiliser l’une ou l’autre, sachant qu’en plus, il y en a encore d’autres (HSL, CIELab/CIELuv). Vous pouvez aussi considérer que le mélange couleur + complémentaire doit donner un gris, pas forcément un blanc ou un noir.

Autre confusion: ils donnent de fausses croyances sur les mélanges et les liens entre couleurs. Pour rappel, la couleur obtenue par le mélange de 2 couleurs est celle qui n’est pas enlevée par les 2 ensemble. Ça marche à l’inverse, ce qui n’est pas évident à se représenter. Aussi, voici un exemple concret: beaucoup ont en tête que bordeaux = rouge + bleu, et croient que bordeaux contient du bleu. En réalité, bordeaux est un rouge foncé, i.e. avec une dose de noir, et il n’y a rien de bleu dedans. Comme marron est juste un orange avec du noir. Explication: quand on mélange un certain rouge et un certain bleu, dans une certaine proportion, une partie de ce rouge et de bleu sont complémentaires et vont générer du gris, qui foncera ce qui reste, en l’occurrence une autre teinte de rouge dans ce cas précis.

Un point que vous pouvez retenir: quand vous mélangez 2 couleurs éloignées, une partie de ce qu’il y a dedans sera complémentaire, et leur mélange donnera une autre teinte avec du gris.

Conclusion n°1: il faut connaitre les couleurs qui s’opposent (les complémentaires). C’est une base fondamentale, et facile à retenir..

Conclusion n°2: il faut apprendre à lire les couleurs comme notre oeil le fait, physiologiquement.

Notre oeil perçoit séparément les contrastes en noir et blanc, et les couleurs.

Notre oeil fonctionne avec 2 types de cellules:

  • les bâtonnets, qui perçoivent les luminosités en N&B, les mouvements, et permettent la vision nocturne;
  • les cônes, pour les couleurs, et la précision.

Leur importance relative varie suivant les conditions, selon, par ex., si vous êtes en plein soleil ou dans la pénombre.

Contrastes et couleurs sont donc perçus de manière totalement séparée. Et quand il y a un contraste -perçu sur une base N&B- , l’information est transmise au cerveau, pour être interprétée. Parfois, le contraste a une logique, et parfois, il n’en a pas. Pour bien comprendre le processus, on va prendre un exemple concret avec cette planche:

Voici exactement la couleur qui est à gauche, et celle qui est à droite; objectivement, elles sont clairement différentes:

Dans le rouge de gauche, il y a simplement plus de gris à cause de l’ombre. Nos bâtonnets eux voient les choses ainsi:

Avec ces différents signaux, le cerveau interprète le tout comme même couleur avec 2 luminosités différentes. Mais ici, cette interprétation est évidente, car il y a 2 luminosités, une partie à l’ombre et l’autre en pleine lumière. Mais si l’on vous montrait simplement les 2 couleurs côte à côte, comme précédemment, comment l’auriez-vous interprété? Et plus loin, si on vous montre 2 couleurs contrastées, et sans lien coloriel évident?

Ici, il est essentiel de retenir qu’une partie de vous voit en noir et blanc, où le contraste de luminosité est clé. Et de fait, chacun de nous a cette capacité.

Conclusion: plus on arrive, comme notre oeil naturellement, à faire la différence entre couleur et luminosité, et à estimer les niveaux de gris, plus on maitrise les associations de couleurs … qu’on parle de vêtement, de photographie, de peinture, …

Ce paragraphe qui pointe la différence entre couleur et luminosité est la base du paragraphe suivant.

Les 3 paramètres pour décoder toute couleur

L’oeil humain peut en moyenne voir entre 300,000 et 1 million de couleurs. C’est colossal. Et il y a plusieurs manières d’appréhender ce vaste ensemble.

Au-delà des systèmes additifs / soustractifs que nous avons vus, une approche devenue majeure est celle d’Albert Henry Munsell (1858 – 1918), un artiste et professeur américain, où toute couleur visible s’obtient tout simplement par mélange d’une teinte pure (dite primaire), et de gris. C’est alors juste une question de teinte évidemment, et de dosages. Dans le jargon, les couleurs contenant du gris peuvent être appellées désaturées, rabattues, rompues, neutralisées, sourdes, …

Avant de la considérer techniquement, on va l’illustrer par un exemple. Voici un bleu “primaire”, c’est une teinte totalement pure, dosée ici au maximum possible (100%).

En jouant uniquement sur les dosages respectifs de ce “colorant” bleu et du noir -qui devient un gris quand il est peu dosé-, voici tout ce qu’on peut “mathématiquement” obtenir:

Tout en haut, on est dans la teinte pure. Le bord supérieur montre le dégradé entre blanc pur et notre bleu de départ; tout ce qui est en dessous contient du gris. Entre gauche et droite, c’est le dosage de bleu qui augmente. Entre haut et bas, c’est le dosage de noir qui augmente. Cette image permet de réaliser 2 choses:

  • la quantité de couleurs qu’on peut obtenir par simple dosage d’une teinte pure et de noir est énorme
  • il y a énormément plus de couleurs désaturées (grisâtres) que de couleurs pures

Au-delà de ce bleu particulier, on peut évidemment le faire sur toutes les teintes pures, et là encore, il y en a beaucoup, et c’est un univers continu (sans frontière):

Comme vu précédemment, cette façon de “décoder” les couleurs correspond plus au fonctionnement de notre oeil (cônes / bâtonnets).

Le système de Munsell couvre n’importe quelle couleur que nous pouvons voir, avec donc 3 notions clés:

  • la teinte (hue en anglais), i.e. le colorant pur;
  • la quantité de “gris” (entre noir et blanc), et c’est la clarté / luminosité (lightness en anglais)
  • l’intensité de la teinte par rapport au gris (originellement appelée chroma en anglais).

Pour cette dernière, on parle aussi de saturation, à prendre au sens de dosage maximum possible de la teinte (et désaturé = avec du gris).

Techniquement, le système de Munsell est fantastique. Mais il y a 3 grandes subtilités qu’il faut avoir en tête quand on l’utilise dans la vie “réelle”, qui tiennent à la façon dont nous ressentons les couleurs … ce qui est de l’ordre du sensoriel, du cognitif, du psychologique, … qui n’est pas forcément rationnel ou objectif, mais qui est bien réel.

1ère subtilité: luminosité et chaud / froid. Voici 2 couleurs, un bleu et un orange:

Elles sont toutes les 2 pures (sans la moindre once de noir) et dosées à 100%. Dit autrement, ce sont 2 lumières monochromes, d’intensité maximale et identique. Néanmoins, on ressent l’orange comme étant plus lumineux, alors que pour un physicien, les luminosités sont égales. Ceci est globalement vrai pour toutes les couleurs chaudes (jaune, orange, rouge), par rapport aux couleurs froides (bleu, violet), sachant que le vert est à considérer comme étant plutôt une couleur neutre en température.

2ème subtilité: bien faire le distinguo entre clair / foncé et pur / impur. Pour l’illustrer: pour foncer, on ajoute du noir (i.e. du gris); et pour désaturer / ternir, on ajoute aussi du gris. Alors, c’est quoi la différence? En fait, tout est affaire de dosage et de proportions.

Illustration: c’est quoi un bleu foncé? On va dire une couleur comme celle-ci:

Vu façon Munsell, c’est un bleu pur (à 100%) avec du gris (50% de noir). Et côté teinte de départ, c’est encore le bleu pur précédent.

Maintenant, c’est quoi bleu clair? En voici 5. Lequel est vraiment une version du bleu foncé précédent?

A
B
C
D
E

La version claire du bleu foncé précédent, c’est “A”. “B” dérive de cyan (50% cyan), qui n’est pas un bleu stricto-sensu. “C” est le bleu pur (sans gris) du “A” et du bleu foncé, en éclairci (moins dosé). “D” est un bleu clair (moyennement dosé) et sans gris. “E” est le bleu du A, sans le gris.

NB: ces différences seraient encore plus nettes sous la lumière du soleil.

Pour faire simple:

  • ce qu’on appelle généralement foncé, c’est une teinte avec un noir très dosé. Quand on diminue le dosage / qu’on dilue, elle devient certes plus claire, mais reste vraiment grisâtre.
  • si on ajoute un peu de gris dans une teinte très dosée, il sera peu perceptible. La proportion entre gris et couleur joue évidemment.
  • toutes les teintes pures, fortement dosées, n’ont rien de foncé, elles sont simplement intenses.

3ème subtilité: il y a des couleurs chaudes foncées. Une couleur froide, c’est bleu ou violet, et on voit tous ce qu’est un bleu marine ou un violet foncé. Pour les couleurs chaudes, c’est beaucoup moins vrai. Comme c’est un sujet assez vaste, et abordé dans les posts dédiés aux couleurs, je vais passer rapidement, mais voici ce qu’il faut retenir:

  • On associe tous chaleur et soleil, et donc chaleur et lumière. Or, il faut les dissocier: une couleur peut être chaude et foncée … ou chaude et grisâtre … ou froide et lumineuse, etc.
  • Rouge pur très fort + noir fort donne un bordeaux;
  • Orange pur très fort + noir fort donne un marron;
  • Jaune pur très fort + noir fort donne un olive, puis bistre.

Après, ce sont les dosages et teintes de départ qui font qu’on va vers des couleurs comme brique, moutarde, kaki, chartreuse, … et au-delà tous les marrons.

A retenir: toute couleur est un mélange d’une teinte pure, avec un certain dosage, et d’un niveau de gris.

Il faut donc se représenter le monde des couleurs en 3 dimensions … a-minima

On a vu précédemment 2 choses:

  • une couleur = une teinte pure, à un certain dosage, avec un certain niveau de gris. Ce qui fait 3 dimensions
  • toute couleur a une opposée.

En design et dans les Beaux-Arts, on utilise classiquement une représentation en cercle comme celle-ci:

La roue chromatique est très utile pour donner des repères pour 4 raisons:

  1. tout part effectivement des teintes
  2. il y a des dégradés montrant l’impact du dosage
  3. Les couleurs opposées / complémentaires sont en face l’une de l’autre.
  4. on peut imaginer les couleurs intermédiaires (par ex. entre jaune et vert)

Sa limite est qu’elle ne peut montrer que 2 dimensions, ou qu’une seule manière de faire varier les couleurs. Et c’est pourquoi il existe d’autres variantes, et plus loin tout ce qu’on appelle nuanciers. Ci-dessous, à titre d’illustration, la 1ère est sur le foncé / clair, et la 2nde sur le pur / grisâtre.

La bonne représentation globale est en 3D, avec une teneur de gris (axe vertical), les teintes de l’arc-en-ciel (le cercle qui fait le tour), et un dosage de teinte (axe horizontal).

Pour le dire autrement, dans la représentation ci-dessous, horizontalement, on va du plus terne au plus vif. Et verticalement, on va du clair on foncé. Pour chaque teinte existante.

In-fine, comme c’est un univers limité (dosage entre 0 et 100%), la bonne représentation visuelle est en fait plutôt celle d’une boule … d’une planète.

Objectivement, il est très difficile pour la majorité d’entre nous de “voir” en 3D. Encore plus de raisonner en 3D. Genre, il y en a qui voient tout de suite l’intersection entre une boule et une pyramide, ou comment une forme complexe bouge en 3D … pour la plupart …

Cette difficulté, il faut vivre avec. Par contre, il ne faut jamais oublier que les couleurs sont en 3D, et que toute représentation en 2D (papier, écran) n’est qu’une tranche de la planète des couleurs.

Pourquoi 3D a-minima? Parce qu’il y a d’autres aspects. Comme le mat / satiné / brillant, ou le transparent / opaque, qui impactent notre perception. On y vient dans le paragraphe suivant.

Les contrastes augmentent les différences par rapport à la réalité.

Le contraste augmente toujours les différences que nous percevons. Classique: une chemise blanche paraîtra toujours plus blanche avec un tailleur noir qu’avec un tailleur gris. Même si c’est exactement la même chemise.

En voici une illustration concrète: le petit carré central semble plus foncé dans le carré clair, alors que c’est exactement le même, je vous le jure.

Plus loin, 2 couleurs peuvent se distinguer de plusieurs manières:

  • clair vs foncé
  • pur vs grisâtre / désaturé
  • intense vs légère (avec doux au milieu)
  • chaud vs froid

Au-delà, on peut en ajouter d’autres, qui tiennent au colorant lui-même (teinture / peinture / …, eau / huile / …, etc.), au support (laine, papier, plastique, …), à ce qu’on peut ajouter au-dessus de la couleur (apprêt, vernis, …). Dans ce registre:

  • mat / satiné / brillant
  • lisse / rugueux
  • transparent / opaque
  • etc.

Et en plus, dans le cas des vêtements, on peut ajouter tout ce qui est lié à la coupe, au style, etc.

Enfin, quand il y a trop de contrastes, on s’y perd ou on tombe dans la cacophonie.

2 couleurs opposées se mettent mutuellement en valeur si les luminosités sont égales

Ceci est le principe de base quand on compose des palettes.

Le contraire de noir, c’est blanc. Ça, on le sait tous.

Comme vu précédemment, ceci s’applique en fait à toutes les couleurs: chaque couleur a une opposée, qui contient les “colorants” que n’a pas la première.

Ensuite, comme elles sont totalement différentes, cela donne le contraste maximum.

Ensuite, comme le contraste visuel augmente les différences par rapport à la réalité, cela signifie concrètement que l’association couleur / complémentaire est celle où chacune augmente au maximum l’impact de l’autre.

En terme de perception, le contraste est toujours pour l’oeil la cause de la plus grande excitation physique possible. C’est lui qui capture le regard, au détriment du reste d’ailleurs.

Ça, c’est la théorie. En pratique, c’est un peu plus subtil sur 3 points.

1ère subtilité: il y a 2 complémentaires. Comme vu précédemment, la couleur opposée est théoriquement celle qui contient les “colorants” que n’a pas l’autre. Et il y a 2 systèmes de synthése: le RVB (additif) et le RYB (soustractif). Si on reste sur notre pur bleu précédent, cela nous donne 2 couleurs opposées:

En RVB
En CYMK / RYB

A un moment, il faut bien choisir si, pour mettre votre pantalon bleu en valeur, vous prenez un haut jaune ou un orange. Et si vous en prenez un orange, vous n’allez pas demander qu’on corrige vos photos en jaune, sous prétexte que le jaune est peut-être plus contrastant sur un écran que sous la lumière du soleil.

Sans entrer dans les détails, particulièrement techniques, on peut considérer que les 2 approches sont valables et imparfaites. Et que, dans la vie “pratique”, vous pouvez choisir entre les 2, ou les 2 à la fois, ou la couleur qui est entre les 2. Comme cela vous plait le plus.

2ème subtilité: pour que le pur contraste de couleur soit le plus fort, il faut que les 2 couleurs aient la même luminosité. Dans le contraire, on crée un autre effet, qui diminue l’impact du précédent. Illustration ci-dessous, avec à gauche, une version un peu plus claire et plus grisâtre de l’opposée.

3ème subtilité: on peut renforcer un contraste de couleur en ajoutant un contraste supplémentaire clair / foncé. Dans la composition ci-dessous, l’impact du bleu -opposé du orange – est renforcé par la présence du marine, sans entrer directement en compétition.

Notre vision d’une couleur donnée est toujours influencée par les couleurs à côté. Exacerbée s’il y a contraste, et plus proche de la réalité s’il n’y en a pas.

C’est une découverte de Michel-Eugène Chevreul, parmi tant d’autres qu’il a faites, lorsqu’il dirigeait les Gobelins, et quand il voulut comprendre pourquoi certaines teintures ne donnaient pas le résultat escompté: notre vision d’une couleur donnée est toujours influencée par les couleurs à côté (“Loi du contraste simultané des couleurs”). Une illustration concrète que l’on a vu précédemment est celle de la planche rouge.

En voici une autre: même si vous pouvez être persuadés du contraire, les cases A et B sont de couleur rigoureusement identique, je vous le jure (et c’est vérifiable avec Gimp ou Photoshop ou autre). Tout tient à la qualité des dégradés dans les cases autour de A et B, légitimés à notre oeil par un pseudo-effet d’ombre. C’est une pure application graphique de l’exemple vu précédemment du carré gris qui semble plus ou moins clair suivant ce qu’il y a autour.

Que faut-il en retenir, quand il y a, mettons, 2 couleurs côte à côte ou superposées?

D’abord, ce qu’a démontré Chevreul: s’il y a une différence de luminosité entre les couleurs (en vision noir et blanc donc), les différences de luminosité perçues sont supérieures à la réalité. Et s’il y a un contraste entre teintes opposées, même effet.

Cet effet s’extrapole à tous les contrastes vus précédemment, sur le même principe que la présence de noir rend le blanc plus blanc.

  • 2 couleurs opposées s’exacerbent mutuellement
  • la présence de clair rend le foncé plus foncé, et vice-versa,
  • le terne / grisâtre rend le vif plus vif, et vice-versa,
  • le chaud rend le froid plus froid et vice-versa,
  • le mat rend le brillant plus brillant, et vice-versa.

Concrètement, comment l’utiliser?

Si, pour vous habillez, vous ne mettez par ex. que des couleurs ternes (par ex. kaki, moutarde, brique), vous dégagerez une impression d’homogénéité, on ne ressentira pas vraiment l’effet “terne”, on verra en fait les couleurs telles qu’elles sont en réalité. A contrario, si vous remplacez moutarde par un jaune citron bien vif, alors les autres couleurs (ternes) vont, par différence, ressortir comme étant beaucoup plus ternes qu’elles ne sont en réalité.

Posts Suivants

Ceci est le 1er … chapitre.

Dans le 2éme, on voit les harmonies de base, et comment les adapter à son registre de couleurs;

Dans le 3éme, on voit comment s’écarter des bases

Et dans le 4ème, on verra comment intégrer ses propres couleurs (teint, yeux, cheveux)

 

Ceinture obi à nouer faite main avec un satin de coton de couleur vert foncé / émeraude / sapin, pour homme ou pour femme, à porter sur une robe, un kimono, une veste, ou une tunique
Noeud papillon, à nouer ou pré-noué, pour homme ou enfant / garçon, fait main avec un tissu en lin de couleur orange brulé / rouille / terracotta
Bandeau à cheveux plat et élastique, pour femme ou fille, réalisé avec un tissu Liberty en coton avec un motif fleuri de couleur rose et pêche sur fond bleu marine.
Foulard Bandeau à nouer pour femme ou fille, en tissu japonais de coton, avec un motif de fleurs orange, rose et rouille, sur un fond bleu marine et beige, et à utiliser comme serre-tête ou ruban noué papillon
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