Guides d'Achat

Achat sur Internet: Comment Déjouer les Nouvelles Embrouilles et Obtenir Plus

En faisant ce site, j’ai beaucoup appris. Sur la technique, bien sur, mais aussi sur la sécurité, les mentions obligatoires, les droits et devoirs de chacun. A travers les questions que je reçois, j’ai aussi constaté que beaucoup ne connaissent pas leurs droits. Après, en cherchant des exemples, ou en faisant moi-même des achats ou des recherches sur Internet, j’ai remarqué que les lois ou bonnes pratiques ne sont pas forcément appliquées. Voici donc quelques informations essentielles sur vos droits, et des recommandations pour réduire les risques lors de vos achats sur Internet.

Sommaire

1. Bien comprendre qui est le vendeur et son importance, et qui est responsable de quoi.

Quand on ne sait pas, on se fait embrouiller. Ce qu’il faut absolument comprendre, c’est qu’un site Internet, c’est plutôt un prospectus ou un journal. Et que le prospectus peut être fait par le vendeur lui-même … ou pas. Donc, il faut distinguer plusieurs entités: le site, le responsable du site (éditeur), le rédacteur, la marque, le fabricant, le vendeur, éventuellement le livreur, l’hébergeur, etc.

Prenons des exemples:

  • Le cas simple: Hermès. Tout est Hermès: le site est hermes.com; la marque est Hermès; l’éditeur est Hermès International, le vendeur est Hermès Sellier, qui est une filiale de Hermès International. Tout est clair de A à Z.
  • Plus complexe, mais connu et relativement clair: leboncoin.fr. Ce nom est celui du site, et est aussi une marque. Mais l’entreprise qui est en responsable (éditeur) est LBC France. Les vendeurs sont des particuliers ou des professionnels, et ce n’est donc ni le site, ni LBC France. Dans le cas d’un particulier, comme écrit dans le site, si vous avez un souci avec un vendeur (hors paiement sécurisé), la seule solution est à l’amiable avec lui; puis d’aller au commissariat si cela échoue. En plus, les lois applicables entre particuliers et avec un professionnel sont différentes.
  • Encore plus complexe, les sites comme Darty, CDiscount, Conforama, La Redoute, etc. A leur origine, des enseignes ou boutiques, qui ouvrent un magasin en ligne, deviennent éditeur / vendeur / livreur. Puis qui proposent sur leurs sites des produits vendus et expédiés par d’autres entreprises et deviennent ce qu’on appelle des places de marché. Dans le second cas, comme c’est écrit dans les mentions légales: toute commande réalisée sur ces produits est passée directement auprès du vendeur qui est seul responsable de la bonne exécution du contrat de vente. Oui, c’est d’abord le vendeur qui est responsable. Mais après, ces places de marché peuvent aussi agir, faire pression, sanctionner … ou se dédouaner. Attitudes qui peuvent aussi changer selon votre « agressivité » ou votre ténacité.

Dans ces places de marché, les responsabilités de chacun ne sont pas toujours très claires, très tranchées et très lisibles (cf paragraphe suivant). Et comme l’objectif d’un site commercial est d’avoir un grand nombre de références et de vendre le plus possible, on peut aussi avoir tendance à vous faire croire quelque chose qui ne sera pas vrai (par exemple sur les garanties), ou à se servir de ces ambiguïtés. En tout cas, si vous achetez un objet de valeur vendu par « X », je vous recommande déjà de passer un peu de temps à lire les conditions qu’appliquent les places de marché à leurs « partenaires », notamment sur les paragraphes retour, remboursement et litige; elles se trouvent facilement via un moteur de recherche en ajoutant le nom de l’enseigne ou du site à « conditions place de marché … ». L’autre point de surveillance concerne les garanties (cf. dernier paragraphe).

Ce que vous devez retenir en bref: quelque soit le nom du site, quelque soit le produit, quelle que soit la marque, vous devez savoir qui est le vendeur, car c’est lui qui est responsable de la bonne exécution de la vente, des garanties, etc. Et attention, c’est une information qui n’est pas forcément facile à trouver, y compris sur les sites les plus connus.

2. Tripler son attention sur les Places de Marché, où, notamment, l’identification du Vendeur est parfois une impasse (pratique du Dropshipping).

Voici un exemple sur un site archi-connu: on voit vendu par XXXX. Donc on se dit: OK, je connais le vendeur. Or, les conditions de XXXX (sur le même site, d’ailleurs pas évidentes à trouver) disent que XXXX n’est pas le vendeur, mais un commissionnaire, i.e. un intermédiaire:

Et donc là, en cas de problème (panne, vice caché, …), cela risque d’être une impasse pour vous.

XXXX fait ce qu’on appelle du dropshipping. Ils trouvent des fournisseurs, et ils mettent leurs produits en vente sur des places de marché (et/ou leur propre site), en y ajoutant des commissions (pour eux-mêmes et pour la place de marché). C’est donc ce fournisseur de XXXX qui est votre Vendeur à vous, et qui s’occupera -notamment- de vous expédier le produit. Concrètement, cela signifie aussi que vous auriez très probablement pu avoir le produit moins cher en vous adressant directement au « fournisseur » de départ. Car, quelque soit l’endroit d’où vienne la commande, le travail pour lui est le même (faire le colis, l’expédier + administratif + éventuellement SAV).

Les risques liés au Dropshipping sont multiples: produit vendu alors qu’il est en rupture … garantie non appliquée … fournisseur de départ qui arrête … informations qui se perdent ou se mélangent entre tous les maillons … ping-pong entre les intervenants … etc.

Ce que vous devez retenir:

  • ne pas se fier aux apparences
  • prendre le temps de vérifier que vous savez vraiment qui est le vendeur. Sinon, demandez avant d’acheter: « Qui est le Vendeur responsable de l’exécution du contrat de vente et des garanties? »
  • vérifier si vous ne pouvez pas avoir de meilleures conditions auprès du fournisseur / vendeur de départ.

3. Vérifier que le site est crypté.

Pourquoi? Si votre communication avec un site est cryptée / codée, elle est (quasiment) impiratable, opaque.

Comment? il suffit de vérifier que l’adresse du site commence par « https:// », avec un « s » en plus. Donc éviter les sites simplement http.

Cette sécurisation peut se faire gratuitement, donc aucune raison de ne pas le faire quand on a le souci du client. Ceci étant, attention, cela ne veut pas dire, contrairement à ce qui s’écrit ou ce qu’on peut croire, que le site est sécurisé et sans danger; en effet, les sites malveillants, maintenant, sont aussi https. L’intérêt de https est ce que cela crypte votre communication, ce qui inclut, par exemple, vos données personnelles quand vous vous inscrivez ou procédez au paiement.

4. Vérifier qu’il y a les mentions légales du Vendeur.

Pourquoi? D’abord, parce que c’est obligatoire. Et ensuite, parce qu’il faut que vous ayez a-minima- la possibilité de vous plaindre à quelqu’un qui existe et qui devrait répondre. Voire de porter plainte, ou de dénoncer un problème aux autorités compétentes.

Comment? Il y a 2 possibilités:

  • Le plus souvent, vous avez -en bas de page-, un lien vers ces mentions légales, ou, au pire, un lien vers un plan du site qui peut vous y amener.
  • Elles peuvent être incluses dans les CGV et/ou CGU (conditions générales de vente ou d’utilisation)

Si vous ne les trouvez pas facilement et rapidement, c’est qu’il y a un certain « souhait » de les cacher; auquel cas je vous recommande de passer votre chemin.

5. Vérifier que les mentions légales du Vendeur sont complètes.

Les informations légales précisent qui est derrière le site,  qui est responsable de quoi, qui s’engage. Elles doivent notamment comprendre un nom (de personne ou d’entreprise), une adresse postale, une adresse email, un numéro de téléphone. Pour l’entreprise / l’entrepreneur:

  • qui est l’éditeur,
  • qui est le vendeur
  • qui est l’hébergeur.

Si X vend quelque chose, il doit obligatoirement y avoir un numéro d’immatriculation, qui peut être en France un RCS (registre du commerce et des sociétés), un RM (répertoire des métiers pour les artisans), ou un numéro SIRET (ou SIREN). Le principe de l’immatriculation des entreprises existe dans toute l’Europe.

Toutes les informations ci-dessus doivent être présentes, car chacune a un rôle précis.

Par exemple, une adresse email est absolument nécessaire. En effet, déjà, il la faut pour faire une réclamation en ligne au niveau Européen. Or, il n’est pas rare de voir des sites avec un formulaire de contact (« nous contacter »), mais vous ne trouvez aucune adresse email sur le site, ce qui fait que vous ne savez pas où va votre message (aux oubliettes?), qui est sensé recevoir et/ou traiter votre message, et vous enlève l’opportunité de faire une réclamation en ligne. Il faut aussi savoir que, dans certains cas, la responsabilité de l’hébergeur ou de l’éditeur peut aussi être engagée.

6. Vérifier (rapidement) que les mentions légales du Vendeur sont bien valides.

Pourquoi? Parfois, il y a bien des conditions générales de vente (CGV), mais elles sont anonymes, c’est à dire sans nom. On y écrit que le vendeur est  « l’entreprise » …  ou  » le vendeur » … sans jamais préciser qui il est. On trouve aussi des CGV au nom du site (xxxx.fr), alors qu’un nom de site ne désigne ni l’éditeur, ni le vendeur, c’est juste un nom de site. C’est l’entreprise (ou l’entrepreneur) qui décide du nom du site, elle peut l’appeler comme elle veut, tant que ce nom est libre de droit. Et le vendeur peut, par exemple, être un entrepreneur du pays X, habiter dans un pays Y, vous faire un site jevends.fr que vous croyez français et qui est en fait hébergé dans un pays Z. Et là, bon courage en cas de problème … surtout si ces pays ne sont pas européens.

Comment? Personnellement, je vérifie si l’entreprise est bien enregistrée, c’est facile en tapant le numéro ou le nom de l’entreprise dans votre moteur de recherche favori. C’est une information publique, qui doit sortir immédiatement. Vous pouvez vérifier la validité des immatriculations françaises sur les sites des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA). Ensuite, parfois, je regarde à quoi ressemble l’adresse sur Google Maps. Parfois j’écris un email avec une question pour voir 1. si on me répond, 2. à quelle vitesse on me répond, et 3. comment on me répond.

7. Vérifier que les conditions de retour respectent vos droits (par ex. 14j pour retourner sans raison)

Pourquoi? Si un site ne respecte pas vos droits, et donc la loi, il faut s’interroger sur sa fiabilité. Dans le droit Européen, accepter tout retour sans raison est une obligation pour tout vendeur. Il y a des exceptions de bon sens, logiques et évidentes: produits téléchargés, articles périssables, réalisations sur mesure ou personnalisées, etc.

Ensuite, si vous décidez de retourner, le vendeur doit vous rembourser votre achat (prix de l’objet + frais de livraison), mais pas forcément les frais de retour. Ce remboursement doit être fait dans les 14 jours maximum suivant la date à laquelle le vendeur est informé du retour (sauf si le vendeur doit aller récupérer lui-même l’article).

C’est le droit Européen, nul ne peut s’y opposer … tant que le vendeur est européen. Pourtant, de nombreux sites français et Européens écrivent toujours des clauses contraires ou moins-disantes; en cas de litige, il est probable qu’ils vous rétorqueront que vous aviez accepté leurs propres conditions de vente lors de l’achat. Donc je vous conseille ici aussi d’aller voir ailleurs, et de comparer.

8. Vérifier si les CGV incluent des clauses (abusives) de transfert de propriété et/ou de risque.

Grosso-modo, ce sont des clauses qui précisent quand l’article acheté vous appartient (à la commande, à la livraison, …), et qui peuvent statuer que le risque de perte ou dégradation pendant le transport est à votre charge. Et que donc le vendeur n’en est pas responsable. Dans le droit Européen, le vendeur a l’obligation de vous livrer l’article dans les délais convenus ou, au pire, sous 30 jours. Ce qui, d’ailleurs, n’est pas vraiment juste pour le vendeur, car les postes (de France et d’ailleurs) sont elles dédouanées de toute responsabilité en cas de perte, vol, retard ou dégradation.

Bref, si un site indique dans ses CGV que les risques afférents à la livraison sont sous votre responsabilité, je vous recommande d’aller voir ailleurs et de comparer. En dehors de toute question de droit, c’est alors un blanc-seing laissé au Vendeur pour qu’il prenne un transporteur pas cher et pas forcément fiable, ou fasse des colis fragiles.

9. Vérifier que le Vendeur respecte -sans ambiguïté- la loi sur la garantie gratuite de 2 ans.

Cela concerne le mobilier corporel, càd ce qui est matériel et transportable (par exemple un livre, contrairement à un bâtiment qui est immeuble / fixe, et une chanson qui est immatérielle).

Tout bien (mobilier corporel) a une garantie de conformité à partir de la date d’achat. Qu’il soit acheté en ligne ou en magasin. Pendant cette période, le bien doit avoir les qualités et les fonctions (normales et présentées); et cela couvre, à titre d’exemple, une semelle de chaussure qui se décolle, votre portable dont la batterie ne se charge plus, une notice pas claire, des consignes d’entretien inappropriées, etc.

C‘est une loi Européenne, par contre, les durées de cette garantie varient d’un pays à l’autre; en France, elle est de 2 ans pour le neuf et 6 mois pour l’occasion. Dans les autres pays, au-delà de la durée de cette garantie, il y a une autre notion qui est intégrée, la charge de la preuve; pendant une première période (généralement 6 mois), le vendeur est présumé responsable; au-delà, c’est l’acheteur qui doit prouver que le produit est défectueux.

Pendant ces durées, en cas de problème, vous pouvez demander la réparation ou le remplacement (sinon le remboursement), et ce, sans débourser le moindre centime.

C’est le vendeur, et uniquement le vendeur qui est responsable d’appliquer la garantie. Donc pas la marque, pas le fabricant, pas la place de marché. Encore une fois, c’est valable que vous achetiez sur Internet, ou dans un magasin.

En lien ici, une très bonne synthèse du Centre Européen des Consommateurs.

Une harmonisation des pratiques des états membres de l’Union est en cours d’étude.

10. Attention aux garanties dans les places de marché, où les vendeurs sont français, européens … ou d’ailleurs.

C’est souvent quand le produit tombe en panne qu’on se pose la question des garanties. Et c’est parfois trop tard. Et comme vu ci-dessus, c’est le vendeur qui est responsable de la garantie. D’où plusieurs choses:

  • dans l’absolu, il faut lire les garanties du vendeur, et voir si elles respectent ou pas le droit Européen. Si ce n’est pas le cas, il est probable qu’un rappel à la loi ne suffira pas pour la faire appliquer;
  • attention aux produits « exotiques » ou à bas prix; il est évident que le vendeur doit, le plus souvent, faire faire appliquer la garantie par son fournisseur (c’est rarement lui qui peut réparer); et si ce dernier est hors du territoire européen, comme souvent, vous aurez plus de mal à obtenir l’application de la garantie; idem si le produit est à bas prix et faible marge.
  • il vaut toujours le coup de regarder comment le vendeur est présent dans les moteurs de recherche et les réseaux sociaux … pour voir sa réputation et dans quelle mesure on peut déposer un avis sur ses prestations, ou le questionner.
  • sur les places de marché, il faut vérifier les garanties écrites par le vendeur. Sur ces sites, celles qu’on vous montre en gros sont souvent celles qui sont appliquées sur les produits que le site vend et livre lui-même; avec une petite astérisque qui renvoie à un texte genre non applicables aux produits vendus pour la place marché. Là encore, je vous recommande aussi de lire les conditions que la place de marché fait appliquer à ses « partenaires » (section garantie).

Ce qu’il faut retenir en bref: surtout si l’achat est important pour vous, il faut passer 5 minutes à lire les garanties du Vendeur.

11. Relativiser et bien juger les avis

Les avis ont un gros impact sur les ventes. Ils sont très importants pour l’Acheteur, et pour le Vendeur. Mais ils ne sont pas forcément fiables. Ils peuvent avoir été écrits par un ami ou un concurrent. Ils sont presque toujours modérés; on peut les faire enlever, certes sous conditions, mais c’est toujours une question d’interprétation.  Il y a les listes de donneurs d’avis qu’on peut solliciter. Et souvent, quand on creuse, on voit qu’il n’y a pas de vraie indépendance … si on sollicite un testeur, lui donne-t-on un produit choisi au hasard ou un produit sur-vérifié? Si le vendeur utilise un prestataire payant pour recueillir des avis « certifiés » -ce qui est souvent le cas- ils sont de fait liés financièrement et par une relation client / fournisseur. Les avis négatifs sur un délai d’envoi sont souvent enlevés (car pas liés directement au vendeur), alors que le délai peut être important pour vous et que c’est le vendeur qui choisit le transporteur. Bref, ce n’est pas évident.

Quelle importance leur donner? C’est un facteur important, qu’il faut interpréter en regard de 3 autres facteurs qui sont 1. le respect des lois , 2. la transparence, et 3. l’achat effectif.

  • est-ce que les CGV et garanties respectent intégralement les lois? Parce que si elles sont moins-disantes …. N’oubliez jamais que la loi ou une norme, c’est toujours un minimum obligatoire.
  • est-ce que je trouve rapidement l’information dont j’ai besoin? Est-elle claire et facilement compréhensible?
  • est-ce que les avis concernent bien des achats vérifiés?

Quelqu’un qui ne veut pas être totalement transparent va souvent utiliser des tournures « alambiquées » … rendre l’information difficile à trouver. Cela donne, par exemple, des CGV difficiles à lire, sans sommaire, avec plein de jargon ou d’extraits de textes légaux … ou des sites  sans rubrique « aide ».

Comment les lire? Je ne sais pas dans quelle mesure mon expérience est transposable à d’autres. Mais ce qui frappe, c’est qu’ il y en a dans tous les styles … cela peut être très sérieux ou très émouvant … très volubile ou juste des étoiles sans commentaire … ca peut être 4 étoiles (sur 5) avec des commentaires élogieux …. ou 5 étoiles avec des petits regrets … ou moyen / négatif avec des raisons honnêtement infondées, parce que la personne a mal lu, ou imaginé quelque chose. Donc personnellement, je regarde si je retrouve cette diversité. A contrario, si cela ressemble assez souvent à des argumentaires de vente, si c’est posté à des moments précis (et non de temps en temps) … s’il n’y a pas de commentaire nuancé … je doute. D’ailleurs, à propos des argumentaires … j’ai déjà reçu plus de 700 avis, je n’en ai aucun qui « décortique » mon travail, genre les coutures sont droites et précises, etc.

Sur le fond, la loi en Europe protège beaucoup (cf. autres paragraphes). Donc arriver à un conflit sur un achat vérifié doit toujours poser question (cf droit de retour). Mais il faut qu’il y en ait un peu, car mon expérience est que:

  • un avis non-positif arrive obligatoirement;  on ne peut pas plaire à tout le monde.
  • il est impossible de tout écrire et décrire. Tout qualificatif est subjectif (jaune comment? épais comment?). Et de toute façon, de plus en plus de gens achètent sans même lire les descriptions.
  • parfois on tombe sur des gens difficiles, qui en veulent à la terre entière, et ne veulent même pas communiquer.
  • dans 99% des cas, avec une communication appropriée, on trouve une solution amiable.

En fait, dans un achat, il y a le produit, et le service. Et si le client n’est pas content, ce qui est son droit, c’est alors qu’intervient la qualité de service et de communication. C’est pourquoi, autant que les avis, je regarde comment le Vendeur y réagit. C’est ça qui témoigne de la qualité du service, et de l’importance accordée au client. Pour information, on peut toujours répondre à un avis déposé sur Google. Parfois, il n’y a pas de droit de réponse, ou un droit de réponse limité.

Vous pouvez toujours, pour un vendeur donné, chercher des avis, simplement en tapant avis + son nom dans votre moteur de recherche. Et élargir si besoin la recherche à des langues comme l’anglais (customer reviews / feedbacks for XXXXX).

Ce qu’il faut retenir en bref: regarder les avis sur différentes sources, et évaluer COMMENT le Vendeur réagit aux avis, notamment s’ils ne sont pas positifs.

12. Vérifier le respect de la protection des données.

Pourquoi? Sans forcément le remarquer, vous pouvez donner plein d’informations … ce que vous avez regardé, acheté … d’où vous venez, où vous êtes partie ensuite … votre adresse, votre email, votre IP,  … des informations qu’on peut croiser avec d’autres, obtenues par ailleurs … pour en savoir toujours plus sur vous, influer vos choix, etc. Des informations qu’on peut vendre à d’autres. D’ailleurs, souvent quand vous choisissez « paramétrer mes choix », vous voyez tout un tas de partenaires avides d’obtenir toute information vous concernant. Le voulez-vous? Et si cela ne vous gêne pas, trouvez-vous normal que des gens gagnent de l’argent grâce à vos informations, sans que vous soyez rétribué pour les avoir données?

Comment? A tout cela, notamment, vous avez le droit de pouvoir dire « oui » ou « non » par un simple clic. Et tout site a l’obligation de vous donner le choix, sauf si, évidemment, il s’engage -comme moi- à ne faire que le minimum requis avec vos informations (genre vous envoyer votre commande à votre nom et adresse).

A propos des cookies: certains sont absolument nécessaires. En simple, un site web n’a pas de mémoire … donc si vous choisissez « langue française » sur la page 1, il l’aura oublié sur la page 2. Les cookies servent donc aussi à ne pas oublier une information donnée, pour ne pas vous la redemander à chaque page …. c’est aussi le cas pour ce que vous avez mis au panier.

A propos des statistiques: elles servent à savoir combien les pages sont lues, si on y reste 1s ou 1h, si on y a tout regardé ou pas, etc. Ca aide à savoir ce qu’on fait de bien et de moins bien. Donc à s’améliorer. Sur mon site, j’utilise Google Tag manager (qui met des repères) avec Google Analytics (qui fait les statistiques sur les repères). Tout est anonyme (i.e. sans relever ou partager vos IP). C’est vérifiable, mais plus complexe (via Chrome / outils développeur / Réseau / Chercher « Collect », et le marqueur est aip, pour anonymized IP, attaché à l’adresse de  google analytics).

13. Utilisez les instances Européennes pour vous informer sur un cas précis et/ou pour gérer un litige. C’est gratuit.

Le site de l’Union Européenne pour les achats en ligne est pour moi très bien fait pour vous aider ou vous éclairer sur un cas précis: simple, clair, ergonomique.

https://europa.eu/youreurope/citizens/consumers/shopping/shopping-consumer-rights/index_fr.htm

Les instances Europénnes peuvent vous aider à régler un litige, via un service de médiation. Utile notamment dans les cas où il y a incompréhension ou quand chacun a, à la fois, un peu tort et un peu raison. En fait, c’est la démarche à faire, avant, éventuellement, le tribunal. Voici le lien pour porter votre affaire.

https://ec.europa.eu/consumers/odr

14. Vérifier que le site donne ce lien -obligatoirement visible- vers la plateforme de Règlement en Ligne des Litiges (RLL) de la Commission Européenne.

RLL = Règlement en Ligne des Litiges.

Tout professionnel participant à des contrats de vente ou de service en ligne et les places de marché en ligne établies dans l’Union Européenne doit inclure sur son site un lien vers la plateforme RLL, et ce lien doit être visible et facilement accessible sur le site (article 14 du règlement n°524/2013 du 21 mars 2013).

Qu’une toute petite structure ne le sache pas peut se comprendre, tellement de trucs à faire et/ou savoir. Pour les autres, qui ont très certainement un support juridique -interne ou externe-, c’est moins compréhensible; c’est aussi un signe qui montre une tendance à respecter la loi à la lettre … ou pas.

15. Si vous faites un retour, photographiez votre pli d’envoi timbré.

Comme énoncé plus tôt, les postes n’étant pas responsables en cas de perte ou détérioration, c’est mieux de faire une photo de votre pli (sauf s’il est recommandé avec avis de réception). Cela peut être utile pour prouver votre envoi, ou vous faire rembourser vos vrais frais d’envoi. En outre, cette photo permet de lier le numéro de suivi à l’adresse du destinataire (le numéro de suivi ne dit pas à qui vous l’avez envoyé).

16. Si vous avez un doute, autant poser la question avant d’acheter.

Faites-le notamment pour avoir des précisions sur les garanties, le service après vente ou la durée de mise à disposition de pièces détachées, notamment quand il s’agit d’objets de valeur ou à longue durée de vie. Sur ces aspects, je vous recommande de savoir précisément ce que vous achetez, service compris. Ensuite, si la réponse est vague, pas nette et tranchée, allez-voir ailleurs pour comparer.

17. Les 3 choses essentielles à retenir

1. Avoir TOUTES les informations légales du Vendeur, et vérifier que ses coordonnées sont VRAIES.

2. Vérifier que les CGV et garanties respectent TOUS vos droits.

3. Si vous avez le moindre doute:

  • cherchez des avis sur plusieurs sites,
  • et/ou posez une question précise sur votre doute, et évaluez la réponse (qualité, précision, rapidité, …)
  • et/ou comparez.

18. Si vous avez appris quelque chose d’utile, donnez cette info utile à vos proches.

Voilà, c’est fini. Si vous avez appris quelque chose, parlez-en aux personnes qui vous importent, parce que cela devrait aussi leur être très utile à eux, un jour ou l’autre. Dans le cas contraire, sincèrement, bravo à vous! Enfin, si vous voyez quelque chose qu’il conviendrait d’ajouter, modifier ou nuancer n’hésitez surtout pas à m’en faire part.

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