Conseils Pratiques

Chaleur, Transpiration, Tissus – Les bons principes, sans marketing

En préambule, quelques rappels des posts précédents:

  • notre corps se défend contre la chaleur en transpirant;
  • l’évaporation de la sueur sur la peau rafraichit.
  • la meilleure façon d’aider notre corps par temps chaud: un peu d’humidité, de la ventilation. Sans excès évidemment.

Face au chaud (et face au froid), le plus important est le tissage / tricotage. Par temps chaud, il faut donc évidemment privilégier la légèreté. Donc une épaisseur minimale, ou compenser une certaine épaisseur par des fils / mailles un peu plus espacés.

  • Exemples pour illustrer que c’est plus important que la matière (et tous marchent):
    • Rando en été? T-shirt aéré en poly ; Rando en hiver? veste polaire (donc poly)
    • Rando en été? T-shirt fin en mérinos (laine) ; Rando en hiver? épais pull en laine, veste en laine bouillie, …
    • Le coton? on peut isoler sa maison en laine de coton. On utilise aussi le coton pour des vestes techniques grand froid. En fait, le seul enjeu du coton est en condition très humide.

Donc, l’été, il faut privilégier un fil très fin, une faible épaisseur. Ou à défaut compenser un fil plus épais pour un tissage ou maillage plus espacé. Et, évidemment, plus il fait chaud, plus on ira vers le voile, la gaze, la mousseline, la dentelle, la batiste, ….

Dans la même logique, plus il fait chaud, plus il vaut mieux privilégier le tissé (ou le noué) rapport au tricoté:

  1. parce qu’on peut avoir un fil plus fin, et faire plus léger / moins épais. Exemple: un T-shirt est fait avec un coton tricoté (jersey); en version légère, il pèsera aux alentours de 120 g/m². Un tissu Liberty of London est lui à 75 g/m².
  2. parce que le tissé tient mieux une forme que le tricoté. Le tricot est plus souple, épouse mieux les formes du corps. Le tissé ne « colle » pas forcément au corps (cf tee-shirt vs chemise), ce qui est plus avantageux par temps chaud (meilleure ventilation du corps).

Plus il fait chaud, plus la ventilation importe. D’ailleurs, même quand il fait froid, il en faut un minimum (sinon, sensation d’étouffement, condensation, ….). Et donc évidemment, plus il fait chaud, plus le tissu / tricot doit être respirant(e), ouvert(e), ample, …

  • encore une fois: la ventilation facilite l’évaporation de la sueur sur la peau ; et cette évaporation rafraichit.
  • un tissu respirant est celui qui facilite le passage de l’air et de la vapeur d’eau.
  • plus le tissu a du volume et tient sa forme, plus il y a d’air autour de notre corps
  • plus il y a d’ouvertures, plus l’air peut circuler.

Donc, sans surprise, privilégier ce qui a le plus d’ouverture et/ou d’amplitude, et qui est le plus respirant.

Il faut un minimum d’humidité. Sur la peau et dans le vêtement. Ce qui fait qu’il faut un minimum de fibres qui absorbent de l’eau (ce qui n’est pas le cas du polyester, du nylon, ….).

  • c’est la ventilation d’une peau humidifiée qui rafraîchit le plus.
  • un vêtement un peu humide régule mieux. Comme la mer rend l’été moins chaud et l’hiver moins froid.
  • le vêtement humide agit un peu comme une « compresse ». C’est l’excès d’humidité qui est le problème; pas l’humidité en soi: sa présence modérée est bienfaisante.
  • la peau doit rester hydratée – la sueur est une protection.

Tout cela est profondément logique et évident.

Quand il fait chaud, les matières les plus respirantes sont à privilégier. Il s’agit du lin, du coton, de la soie, et de la laine. Chacune a ses  propres avantages et inconvénients que nous verrons dans le post suivant.

  • avant d’être des fibres « naturelles », ce sont des fibres vivantes. D’une plante ou un animal. Qui doit faire face à des variations de température, d’hygrométrie, de saison, … et s’est développé, a résisté, depuis des millénaires, pour y faire face.
  • les fibres naturelles sont en fait particulièrement complexes. Elle ont chacune un ensemble de qualités qui les rend incomparables, et imbattables. Sans aller chercher midi à 14h, on est toujours incapable de faire un simple pantalon de jogging synthétique aussi confortable que celui en coton.
  • les 2 supériorités des matières « naturelles » par temps chaud, c’est 1. d’être « naturellement » respirante (contrairement aux synthétiques qui le deviennent -plus ou moins, grâce à des alvéoles-, 2. d’avoir un certain effet tampon (par rapport aux variations météo); et 3. d’être globalement beaucoup plus confortable et élégante.
  • dans la nature, il y a une certaine logique qui clarifie vite et simplement: le coton et la soie viennent de pays chauds et humides; la laine de mouton de pays tempérés; le cachemire de pays froids alternant le très sec et le très humide, … dans la même logique, c’est intéressant de voir comment les gens se sont adaptés à leur propre climat: ce n’est pas un hasard si la gaze vient de Palestine, ou la mousseline du Bangladesh. Et ce qui est certain, c’est que nous incorporons peu la qualité de fil et la nature du tissage dans nos décisions d’achat, alors que le couple gagnant est toujours une affaire de matière ET tissage (ou tricotage).

Un test amusant: veste de pluie (par ex. gore-tex), et un trench en coton (par ex. Burberry). Si je colle le tissu du 1er contre ma bouche et souffle dedans, l’air ne passe pas; dans le 2nd, ca sort plutôt facilement. Qu’est ce qui est le mieux quand il fait, mettons 25° et qu’il pleut? Ce n’est pas parce que les tissus techniques « clament » -dans leur marketing- être respirants, qu’ils le sont plus ou mieux que les matières simples.

Le prochain post concernera les qualités et défauts des principales fibres naturelles … principales comme je ne parlerai pas cette fois de celles de banane ….

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