Bien Assortir, Le monde des Couleurs

Bien s’habiller – Les Techniques pour Réussir les Contrastes et Dynamiser Vos Tenues

L’objectif de ce post est de vous donner les clés pour bien composer et bien utiliser les contrastes. Que ce soit dans l’habillement ou la décoration. Il vise aussi à montrer, de façon concrète et sans parti-pris, les techniques pour lire et combiner les couleurs. Et même à le faire à votre goût, selon votre style, en toute indépendance.

Le Contraste est une manière d’ajouter du peps, de la vie, du mouvement, du caractère. On a tendance à penser que cela se limite à noir et blanc, ou clair / foncé. Alors que c’est à la fois beaucoup plus riche et bien plus subtil que cela.

Le Résumé

  • Il y a 6 manières de créer du contraste:
    • Clair / Foncé
    • Vif / Terne
    • Chaud / Froid
    • Mat / Brillant
    • Couleur / Complémentaire
    • Texture (par ex. lisse / bouclé).
  • Si on les empile, on peut créer une cacophonie;
  • Les contrastes se règlent sur le principe kilo de plumes / kilo de plomb;
  • Il ne faut pas confondre contraste et différence …  ni même contraste et très différent;
  • Un petit mais vrai contraste suffit à tout changer;
  • Les contrastes peuvent toujours se moduler.

1. Les 6 manières de créer du Contraste dans une tenue

Les 4 premiers contrastes de couleurs sont directement liés au lien lumière / couleurs, et les 2 autres le sont indirectement (par ex: mat / brillant).

Le 1er contraste est Clair / Foncé. Le plus connu et le plus fort est évidemment noir et blanc, mais on peut le faire aussi avec les autres couleurs, comme ici avec un vert. Et bien garder en tête qu’on peut le faire avec plus ou moins d’amplitude:

Et ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que le contraste clair / foncé peut s’appliquer à des couleurs différentes (par exemple, beige est plus clair que bleu marine).

Le 2ème contraste est entre le vif et le terne. Qu’il ne faut pas confondre avec le clair et foncé. L’exemple classique, c’est rose et vieux rose. Le vif, c’est la couleur pleine, à 100%. Le terne, c’est la même couleur, la même teinte, moins présente, grisée, comme avec un voile. Le vif extrême est ce qu’on appelle les couleurs fluorescentes, qui sont en fait à la fois vives et claires. On peut aussi voir des différences vif / terne de façon plus modérée comme ci-dessous avec le rouge:

Attention cependant: le mot terne a une connotation péjorative. Pareil avec les alternatives comme rompu, rabattu, estompé, … Mais il ne faut pas voir cela ainsi: c’est plutôt d’un côté les couleurs des fleurs au printemps … et de l’autre, celles des feuilles en automne.

Le 3ème contraste est chaud / froid.

Sans surprise, la couleur la plus froide est le bleu; et la plus chaude est le rouge.

Comme pour clair / foncé, ou vif / terne, la température est à voir de manière relative. Concrètement, un rouge bordeaux est plus chaud qu’un pur violet, et moins chaud qu’un rouge.

Le 4ème contraste est celui de la couleur opposée, qu’on appelle aussi complémentaire.

Pour expliquer le truc de manière simple:

  • la lumière contient (presque*) toutes les couleurs: violet, bleu, vert, jaune, orange, rouge;
  • si on prend par ex. un rouge, sa couleur opposée est le mélange de toutes les autres couleurs hormis ce rouge.

(*) la lumière ne contient pas les gris, les marrons / bruns, et les couleurs dites métalliques: or, argent, etc.

La couleur opposée est celle qui fait le plus vibrer une couleur donnée. Par différence avec son contraire, elle prend plus encore d’envergure.

Voici quelques exemples: cela se lit verticalement dans les 2 sens: d’abord, on voit le noir, son opposé (blanc) est en-dessous … comme blanc a son opposé (noir) au-dessus.

Le 5ème contraste est mat / brillant, mais on ne peut pas le rendre sur un écran d’ordinateur, et puis avec les peintures, on le connait tous.

Le 6ème contraste est celui des textures. Par exemple entre le lisse d’un côté, et ce qui est en velours / bouclette / crêpes / froissé / … de l’autre.

2. Les 3 lois qui régissent les contrastes

Evidemment, le contraste met en valeur chacun des 2 éléments qu’il oppose. Pour l’illustrer, voici un exemple avec un gris pale, qui est presque inexistant sur fond blanc, est harmonieux sur un fond gris, et parait presque blanc sur un fond noir. C’est clairement le fond noir qui le met le plus en valeur.

Même chose si je prends une autre couleur, mettons un rouge; c’est sur sa couleur opposée (un vert) qu’il vibre le plus.

Certains contrastes peuvent s’ajouter les uns aux autres (par ex: foncé et brillant vs clair et mat). Et attention, cela peut générer une certaine incohérence, parce qu’on ne le remarque pas forcément.

Si on illustre avec la cuisine: une salade de crudités (tomates, concombre, ….), tout le monde comprend. Si on sert un steak (chaud, tendre, rouge) avec un concombre (frais, croquant et vert, couleur opposée du rouge), eh bien … On peut appeler cela harmonie ou autre, mais il faut une certaine cohérence, un truc, visible ou juste perceptible, qui crée le lien… en cuisine, c’est souvent la sauce qui le fait.

En matière de couleurs, on peut ajouter les contrastes et ainsi opposer par exemple:

  • clair / mat / bouclé
  • avec foncé / brillant / lisse

Ca donne par exemple bottines vernies marron et veste en laine bouclée beige … ou ceinture satin noir sur robe en molleton gris souris. C’est un choix audacieux qu’il faut pleinement assumer. Par contre, robe soie mate gris souris et ceinture satin soie noir, on reste dans les contrastes ajoutés, mais la cohérence de matière donne un lien, et rend l’ensemble plus facile à porter … si tel est le souhait.

Un contraste de couleurs équilibré s’obtient, non pas sur un principe de 50 / 50, mais sur celui de kilo de plumes / kilo de plomb.

Premier exemple concret: vous entrez dans une grande salle de musée non éclairée, à part un petit spot lumineux, eh bien vous ne verrez que ce spot. Au moins dans un premier temps. Quelque part, on n’y peut rien, c’est ainsi.

Passons maintenant aux couleurs: ci-dessous, un gris clair et un gris foncé, de même taille.

Le gris foncé a beaucoup plus d’impact, car il est plus dense; alors que le clair est plus vaporeux. Donc il y a un équilibre de proportions, mais un déséquilibre d’impact.

On observe la même chose avec d’autres contrastes: le chaud a plus d’impact que le froid (le rouge attire plus l’oeil que le bleu); pareillement, le vif a plus d’impact que le terne.

Donc si on veut équilibrer les sensations (par ex. chaud / froid), il y a alors plusieurs moyens à disposition. Prenons cette fois en exemple 2 couleurs opposées, orange et bleu.

La première méthode est de jouer sur les proportions. Ici, on voit qu’une petite touche d’orange suffit à donner de la chaleur au bleu; on est ici dans le cas, par exemple, d’un petit accessoire qui change radicalement la tenue (par ex. un petit foulard orange sur un top ou une robe bleu vif).

Ici, il n’y a pas vraiment de proportions idéales. C’est aussi subjectif, personnel, … et ça dépend de l’intention, ce que nous allons voir maintenant.

Admettons pour être concrète, que j’ai un pantalon bleu vif, un top orange vif, et que les 2 ensemble font trop pour moi.

Au-delà des proportions, il suffit de troquer le pantalon bleu vif par un Denim, qui a un bleu un peu gris (cf terne), ca va immédiatement adoucir le tout, rendre l’orange moins vif; je mets les 2 options côte à côte pour comparer:

Avec le choix du Denim, c’est alors l’orange vif que je mets en avant, et que les autres percevront avant le reste … avec quelque chose autour de la vitalité.

Si je suis une fan des tops oranges, et que j’en ai plusieurs, je peux, dans la même logique, remplacer l’orange vif par un orange plus terne (genre rouille), là encore pour adoucir l’ensemble.

On peut aussi ajouter une 3ème pièce. Soit pour calmer le tout (par ex. avec un gris moyen), soit pour encore plus exciter le tout (par ex. chartreuse), soit pour faire un lien harmonieux entre orange et bleu (par ex. magenta), etc.

Là, on ne peut vraiment pas dire qu’il y a de bonnes et moins bonnes orientations, c’est d’abord une question d’intention, d’émotion, d’humeur, de sensations, … Après, effectivement, l’exécution peut être plus ou moins réussie, et plaire plus ou moins … Mais c’est là qu’il ne faut pas tourner en rond: le cap, c’est l’intention, ce que vous voulez … après, il faut chercher ou améliorer le comment … et accepter que Paris ne s’est pas fait en 1 jour.

3. Ne pas confondre Contraste et Différence

Le contraste, c’est 2 choses avec des caractéristiques opposées … et si on les mélange, ça donne moyen: froid + chaud = tiède, noir + banc = gris, clair + foncé = … moyen, etc.

Les contrastes, comme on l’a vu précédemment, ils s’exacerbent et se mettent en valeur mutuellement.

La différence, c’est autre chose. Quand on fait, par exemple, cuir + dentelle, ou soie + coton, on associe 2 choses différentes. Certes, très différente, mais ce n’est pas du contraste.

Bleu et orange, ce  sont 2 couleurs opposées. Vert et bleu, ce sont 2 couleurs différentes. Et là, dans ce second cas, il n’y a pas cette “exacerbation” mutuelle. Alors qu’il y a “exacerbation” mutuelle avec bleu / orange

4. Conclusion

Un tout petit détail, vraiment contrasté suffit à changer complètement toute une tenue

Des fois, on veut en faire trop, on se perd et on se complique la vie.

Voici un très bon exemple pour montrer qu’un petit contraste (par ex. en taille) suffit à tout changer:

Et l’enjeu est parfois d’accepter qu’avec les couleurs, il y a cet effet kilo de plumes / kilo de plomb.

Ensuite, quelque soit le contraste dont on parle (clair / foncé, couleur / complémentaire, etc), on n’est pas obligé d’aller aux extrêmes pour créer de l’effet, c’est très modulable, selon le goût de chacun. Une très bonne illustration est le dégradé du même vert ci-dessus.

Ensuite, il ne faut pas contraster dans tous les sens (mat / brillant – clair / foncé – etc.) sans cohérence. Même chez les (très bons) créateurs qui font des choses extravagantes et maximalistes, dans chaque tenue et dans l’ensemble de la collection, il y a un vrai fil directeur.

Enfin, on oppose souvent harmonie et contraste. Le symbole au-dessus démontre bien que l’un ne va pas sans l’autre, et que les 2 sont indissociables.

Foulards et Bandeaux sont un moyen simple pour ajouter de l’émotion dans une tenue, et changer l’allure générale.

Foulard / Bandeau à nouer en tissu Liberty Art London, Motif Tresco aux couleurs vives. Usages: bandeau à Cheveux, bracelet, accessoire sac, serre-tête, ruban à chapeau... Fil de fer en option.

Rappel: les principes de bases des Compositions colorielles

Schématiquement, voici les 4 repères pour faire de bonnes compositions de couleurs:

  • toute couleur -hormis noir / gris / blanc- est en fait un mélange de plusieurs teintes; et toute couleur donnée peut être obtenue avec différents mélanges;
  • on crée des harmonie en utilisant des couleurs ayant une teinte en commun dans leur composition;
    • par ex. le rose (rouge + blanc) n’a rien en commun avec le bleu; par contre, le vert est lié au bleu (car vert = jaune + bleu).
  • la vision d’une couleur donnée est toujours influencée par les couleurs qui l’entourent;
  • on renforce le contraste en utilisant des teintes opposées
    • Par ex. la proximité de noir rend le blanc plus blanc;  la proximité de sombre rend le clair plus clair; etc. C’est un effet d’optique.
    • toute couleur -gris excepté- a un opposé
    • les couleurs opposées sont aussi appelées complémentaires (l’opposé du rouge est vert, celui du jaune est violet, etc.)

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