Conseils Pratiques, Le monde des Tissus

Chaleur, Transpiration, Tissus – Quelques très bons plans ….

Voici quelques suggestions, concernant les fibres ET les tissages / tricotages. Le pourquoi du comment est expliqué dans les posts précédents.

1. Eviter les doublures en fibres artificielles, type acétate / poly …

Que ce soit pour une robe ou une veste, une doublure classique va, quand il fait chaud, va plutôt avoir un effet étuve. Quelque soit la matière au-dessus.

2. Privilégier la ventilation, et donc les vêtements aux formes amples, ajourées; ceux qui réduisent le contact avec la peau. Voir ci-dessous pour les options de tissus.

3. Privilégier les tissus / tricots / filets totalement ou presque en matières naturelles (coton, lin, soie, chanvre, …). Les semi-industrielles (viscose, rayonne, Tencel, fibranne, bambou, …), en ayant en tête leur limite.

Les matières naturelles sont plus respirantes, à tissage / tricotage équivalent -cf posts précédents-; avec leurs qualités d’absorption, elles apportent un confort supérieur.

Par temps chaud et en utilisation sportive, les vêtements synthétiques -même « techniques »- n’ont pas démontré de supériorité de confort ou d’efficacité (cf posts précédents). Non « techniques », ils sont à éviter car non-respirants, moins confortables, et à mon sens moins élégants.

NB: attention aux fibres type viscose et aux faux naturels (genre bambou): ce sont des « ni / ni », ni artificiel, ni naturel. En fait, ce sont des tissus fabriqués chimiquement à partir de végétaux (viscose), de cellulose, un peu comme on le fait pour le papier. Ils ont un grand intérêt (douceur, drapé et couleurs notamment), mais appellent à la vigilance car ils se fragilisent plus avec l’humidité (donc la sueur); en outre, ils sont absorbants, avec un nettoyage moins facile qu’un coton; ce qui peut conduire à des tâches résistantes, des décolorations ou des mauvaises odeurs résiduelles.

4. En terme de fibres, comme il n’y a pas d’optimal, il est opportun de privilégier les mélanges qui donnent d’excellents compromis. Compromis à choisir selon vos propres besoins ou envies.

  • le polyester apporte de la tenue et de la solidité au coton;
  • la laine ou le lin rendent le coton moins « humide » en été, et lui donnent plus de tenue;
  • la soie rend le coton plus noble, et lui donne plus de tenue; comme le coton rend la soie plus moelleuse
  • etc.

Par contre, les synthétiques étant moins performants contre la chaleur, la transpiration et les odeurs, il faut que les matières naturelles (lin, coton, laine, chanvre, ramie, ….) dominent très largement en pourcentage.

En outre, les tissus mélangés créent d’autres univers sensoriels, donnent de nouvelles merveilles.

5. Trois tissages sont particulièrement intéressants pour l’été: le seersucker, la batiste et la gaze.

Le seersucker (et même plus généralement les tissus gaufrés)

Le seersucker est une technique de tissage en provenance d’Inde. Son gaufrage a plusieurs avantages:

  • il facilite l’évacuation de la chaleur vers l’extérieur;
  • il réduit les zones de contact entre la peau et le vêtement;
  • il favorise la circulation d’air.

C’est très facile d’entretien, même pas besoin de le repasser.

Généralement en coton, parfois en lin / coton encore plus approprié pour l’été.

Cette technique donne aussi beaucoup d’options créatives, car on peut jouer avec les tensions de fils ou leurs couleurs, pour créer des reliefs ou des motifs.

Selon son épaisseur, on peut en faire des vestes, des chemises, des T-shirts, des pantalons, …

Les batistes, type Liberty of London

La batiste est une toile très fine. A l’origine, elle était en lin, et était utilisée notamment pour faire des fraises, des volants, etc.

Avec un fil fin de belle fibre de coton, on fait des toiles de coton légères, souples, lisses, à l’aspect satiné, beaucoup moins froissables, et très fines.

La densité du tissage fait que la matière a de la tenue, et garde plutôt ses volumes. Ce qui, suivant la coupe, permet au vêtement de ne pas coller au corps.

Bref, « techniquement », c’est très respirant, ca sèche vite, ca colle pas au corps.

A titre de comparaison: un T-shirt léger en coton aura un jersey (tricot) aux alentours de 120 g/m². Avec une batiste sera 75 ou 80 g/m². A titre de comparaison, un voile est aussi dans les 70/80 mais le tissage est différent (- dense, + de transparence); avec le synthétique, on fait facilement du 60g/m², même moins. Une mousseline de soie est dans les 30 g/m².

Intéressant aussi de voir l’histoire … la batiste (de lin) perdit son aura avec l’arrivée des mousselines de coton indiennes (mulmul / malmal) au 17ième, moins chères et plus colorées.

La double gaze

La gaze est (ou serait) un tissage originaire de Palestine (Gaza). Il permet d’obtenir des tissus très légers, aux fils espacés mais qui ne bougent pas (grâce à un tissage particulier).

A l’origine, la gaze était en soie. Un équivalent de la mousseline en quelque sorte. La gaze, en soi, n’est pas destinée à faire un vêtement (trop fine et trop transparente). L’intérêt de la double gaze est que le tissu n’est plus transparent. Tout en restant très léger, très souple, très respirant. Pour moi, c’est particulièrement agréable d’en porter quand il fait chaud et humide. Pour le coton, le poids est équivalent à 2 batistes superposées (cc 140 g/m²), donc proche d’un tee-shirt en coton mais en plus aéré.

Comme pour le seersucker, c’est facile d’entretien, sans besoin d’être repassé.

Enfin, comme nous le savons tous, les couleurs claires sont préférables aux foncées, qui absorbent plus la chaleur.

Espérant que tout cela vous sera utile ….

 

PS: a propos de la photo ci-dessus: l’ile de Hokkaido au nord du Japon est réputée pour ses hivers rigoureux, ses stations de ski, mais aussi pour ses champs de lavande. Ici, celui de la colline Shikisai, parmi les réputés.

Digiprove sealCopyright secured by Digiprove © 2019 Polina Couture

Laisser un commentaire