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Bingata – L’Art textile d’Okinawa

Dans l’île d’Hokkaidō au nord du Japon, il fait en moyenne cc. 22° en plein mois d’août. Et les températures sont négatives en hiver. La ville de Sapporo y a accueilli les jeux olympiques d’hiver.

Au Sud des 3 iles principales du Japon, un long archipel d’une centaine d’iles: Ryūkyū / Okinawa, qui s’étend sur un millier de km, pour quasiment toucher Taiwan. Le climat est tropical. Cela rend les gens différents. Ainsi que ce qu’ils font, et la manière dont ils le font.

Dans cet archipel, il y a 4 grands artisanats locaux: la poterie, le verre, le tissage des fibres du bananier, et la teinture des tissus. Cette dernière s’appelle Bingata. C’est ancestral (14ième siècle). Elle croise des techniques venant d’Inde, de Java (batik), de Chine (pochoir à motifs) et du Japon (pâte à riz). Concrètement et en simplifiant, on applique un pochoir à motifs sur le tissu, on l’enduit d’une pâte qui empêche qui bloque la teinture, puis on peint à la main dans les espaces sans pâte. Ce processus peut être répété, ou complémenté par d’autres techniques pour faire des dessins plus sophistiqués.

Au-delà de la technique, la caractéristique qu’on trouve en commun dans le travail du verre ou dans les motifs sur tissu ou poterie ou laque, ce sont les couleurs vives, chaleureuses, une certaine gaité. Quelque part assez typique des lieux ensoleillés et des tropiques. Bingata signifie littéralement « style rouge », bin étant un rouge carmin.

Une des caractéristiques de cet archipel est que la retraite n’y existe pas; qu’on travaille toute sa vie; et c’est d’ailleurs reconnu comme étant l’une des raisons qui explique leur vie plus longue. Le Bingata reflète ce lien au travail: tout est manuel, et exige énormément de minutie, de précision, de doigté. Il y a tellement d’étapes. En gros plan, la subtilité des imprimés est remarquable. Et de nos jours encore, tout ce travail est manuel. Que cet artisanat perdure, qu’il soit même préservé, défendu, et aussi valorisé est un bel exemple.

Pour voir, cette petite vidéo qui montre bien le processus.

Le kimono en haut à gauche est typiquement d’Okinawa, et date du 19ième siècle. Il a clairement une identité différente des styles chinois ou Japonais, tels qu’on les voit … et tels qu’ils sont en réalité.

Le tissu utilisé pour mon obi ne vient pas d’Okinawa; mais il en reprend les motifs traditionnels (grue, cours d’eau, pins, éventails, …), et est, comme vous le voyez, typiquement dans le style Bingata.

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