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Efficacité des masques Barrières – Résumé simple des études Cliniques et Publications

Je pense qu’on est nombreux à se poser des questions sur les masques alternatifs. Beaucoup d’informations et de rumeurs circulent. Ou alors par bribes successives

Un petit point à date basé sur les publications de l’OMS, les études scientifiques publiées à date, et les articles des presses américaines et allemandes, souvent plus factuels et pragmatiques que les nôtres. Pour info, l’OMS a accès aux études avant qu’elles ne soient publiées, et les délais de publication sont très longs (par ex, l’étude chinoise mentionnée ci-dessous, publiée le 3 avril 2020 a été conduite de mars 2013 à mai 2016), notamment parce qu’ils incluent la validation des mesures et des interprétations par un comité indépendant d’experts scientifiques.

Le Résumé

  • Le consensus est que le masque alternatif a un faible intérêt de protection, mais que c’est mieux que rien; et qu’il peut être nuisible s’il est mal utilisé, mal fait, ou mal perçu (mal perçu = je me sens / je me crois protégé alors que je ne le suis pas vraiment).
  • Il y a 2 pires pour la santé avec le masque:
    • Devenir moins intransigeant sur le strict respect des consignes à l’efficacité prouvée
    • Ne pas considérer le masque porté comme un objet souillé, une fois porté.

Les modes de transmission du virus (publication de l’OMS – mise à jour du 29 mars 2020)

En respirant, toussant, parlant, on expulse dans l’air des particules de taille diverses, entre 1 et  100 microns. Les grosses sont appelées gouttelettes, et les petites aérosols. Les particules les plus légères (< 5 microns) peuvent rester longtemps dans l’air (suivant vent, température, hygrométrie,  …). Les plus grosses retombent au sol rapidement.

Dans cette mise à jour, l’OMS rappelle que les modes de transmission du Covid-19 -identifiés et évalués en Chine au début de la pandémie- sont la proximité (< 1 mètre) avec une personne infectée, les gouttelettes et le contact avec un objet contaminé.

La présence du virus dans les aérosols est -à date- considérée comme avérée, mais l’OMS précise qu’il n’est pas prouvé que le virus soit actif et transmissible. Comme est inconnue la durée pendant laquelle il le serait.

Ceci est un point critique pour le personnel soignant, qui est en contact très rapproché avec des personnes contaminées, et peut être amené à faire des actions qui vont brasser l’air. L’OMS leur recommande, à date, de prioriser rigoureusement les bonnes pratiques, et de se protéger des aérosols que dans des cas particuliers.

Les consignes prioritaires à respecter, parce que ce sont les seules éprouvées (position OMS)

  • Distanciation sociale,
  • lavages des mains fréquents, en soignant les ongles
  • utiliser un mouchoir en cas d’éternuement / toux et le jeter immédiatement,
  • ne pas toucher bouche / nez / yeux

Les inconnues:

On sait que le virus est naturel, mais on ne sait pas d’où il vient.

On ne sait toujours pas comment il vit ou meurt, sur quoi, pendant combien de temps, … ni ce qui le tue ou le neutralise a minima.

Ni comment il peut se transmettre (sous-entendu, toutes les façons dont il pourrait se transmettre).

Et on sait qu’il peut revenir chez des personnes pourtant guéries, et ainsi redevenir contaminant.

L’étude Clinique de Cambridge (2013) sur les masques alternatifs

Une étude clinique a été publiée par des chercheurs de l’université de Cambridge en 2013 sur l’efficacité des masques maison. Voici la conclusion: « Our findings suggest that a homemade mask should only be considered as a last resort to prevent droplet transmission from infected individuals, but it would be better than no protection. » Autrement dit, à considérer en dernier ressort (après distanciation, hygiène stricte, etc), mais mieux que rien.

Attention: le sujet est de réduire la transmission par une personne contaminée, pas de protéger une personne saine. Elle a été réalisée avec un virus (celui de la grippe).

Cette étude évalue à environ 30% la capacité d’un masque maison par rapport à un masque chirurgical.

Publication de l’OMS du 6 avril 2020

OMS (Organisation Mondiale de la Santé), qui n’est pas favorable au port du masque généralisé, a mis à jour sa position dans sa publication du 6 avril

Cette note rappelle qu’il n’y a, à ce jour, aucune preuve que le port du masque par des personnes saines leur évite d’attraper une quelconque maladie respiratoire.

Elle rappelle les modes de contamination probable du Covid et l’importance supérieure des bonnes pratiques par rapport à ce genre de virus et rappelées ci-dessus en introduction.

Elle rappelle que le port généralisé est potentiellement dangereux s’il induit les gens à moins respecter les consignes ci-dessus, ET les consignes spécifiques à l’usage du masque (comment mettre / enlever, nettoyage).

L’OMS recommande une approche en fonction des besoins et risques spécifiques de chacun.

Etude Coréenne du 6 avril 2020 sur l’efficacité préventive des masques

Réalisée par l’équipe du professeur Sung-Han Kim du Asan Medical Center à Séoul, sur des personnes réellement atteintes du Covid-19, portant différents masques. Elle établit que les agents infectieux passent à travers les masques, y compris certains masques chirurgicaux (qui ont plusieurs niveaux d’efficacité). Ils ont été recueillis en grande quantité sur une simple boite en plastique (boite de Pétri) placée à 20cm du masque. Et aussi sur la face extérieure du masque.

Elle précise qu’il faudrait faire d’autres études pour savoir si le masque réduit la distance de projection, et si les masques peuvent être efficaces sur une personne asymptomatique (porteuse mais sans toux).

Etude Chinoise du 3 avril 2020 sur l’efficacité préventive des masques

Réalisée par l’équipe du professeur Benjamin Cowling de l’université de Hongkong, et publiée dans la revue Nature Médecine -une des plus réputées au monde- sur des personnes atteintes de différents virus: grippe, rhinovirus et coronavirus. Le coronavirus testé n’est pas l’actuel (étude faite avant la pandémie), mais en est très proche.

Ici, les personnes devaient respirer dans un entonnoir pendant 30 minutes, avec et sans masque chirurgical. Cette étude établit qu’avec un masque chirurgical, le coronavirus n’est détecté, ni dans les gouttelettes, ni dans les aérosols.

Attention: on parle ici de masque chirurgical, et l’étude anglaise ci-dessus montre que les masques non chirurgicaux n’ont pas la même efficacité.

Dans son contexte, cette étude mentionne que -de manière générale- l’efficacité des masques chirurgicaux est mesurée et déterminée avec des particules non biologiques, et qu’elle n’est pas nécessairement extrapolable aux maladies véhiculées par les gouttelettes et aérosols. Et que le peu d’étude existant a été réalisé sur le virus de la grippe, alors que cette étude montre des résultats différents pour les 3 virus testés.

Les Tests de l’Université Science & Technology du Missouri, en cours

L’équipe du Dr. Yang Wang a effectué plusieurs tests et mesures de filtration.

Une double couche de tissus d’oreillers haut de gamme (nombre très élevé de fils par cm2) peut filtrer environ 22%; une quadruple couche, environ 60%. Une écharpe en laine épaisse environ 21%, une double couche de bandana environ 18%.

Ils ont aussi mesuré que les filtres de climatiseurs ou d’aspirateurs avaient une efficacité supérieure, mais ils contiennent des substances dangereuses à l’inhalation. Les résultats peuvent être bons en insérant aussi 3 couches de papier filtre à café, mais cela devient très difficile alors de respirer et donc inapproprié pour la vie courante.

Attention: ces tests ont été reportés par le New York Times, mais n’ont pas fait l’objet d’une publication (ie pas validés par un comité de lecture scientifique indépendant).

Pour rappel, les différents types de masques

Les masques dits chirurgicaux ont pour objectif de réduire le risque que le porteur contamine quelqu’un ou quelque chose. Le matériau est filtrant dans le sens de l’expiration. Cette filtration a 2 normes d’efficacité. Le masque protège ensuite contre les projections de gouttelettes par une personne en vis-à-vis. Il ne protège pas contre l’inhalation de gouttelettes et des particules en suspension dans l’air, qui peuvent contenir un agent infectieux; ça, c’est le rôle des masques FFP.

Les masques FFP (1, 2 ou 3) ont eux vocation à filtrer l’air entrant, et sortant. Avec différents niveaux d’efficacité.

La durée de vie des masques -chirurgicaux et FFP- est très courte, avec des règles d’utilisation et de destruction très strictes.

Ces masques doivent être gardés pour le seul personnel soignant, qui est en contact très proche avec des personnes contaminées.

Pour info, les tests effectués sur les masques hospitaliers

En hôpital, il y a les masques chirurgicaux, et les masques de protection respiratoire (par ex. pour l’accueil des patients).

Les masques sont évalués sur plusieurs critères, avec chacun ses niveaux d’efficacité:

  • résistance à la pénétration par un liquide (évaluée à l’oeil avec un liquide coloré dans un petit volume à grande vitesse)
  • respirabilité (mesurée par la différence de pression atmo entre les 2 faces d’un masque exposé à un courant d’air)
  • filtration des bactéries d’une taille supérieure à 3 microns (effectuée avec un staphylocoque)
  • filtration des particules non biologiques de 1 micron.

On considère que la barrière des 3 microns est appropriée pour les gouttelettes (expulsées avec une toux), et celle de 1 micron pour les aérosols (expulsés par la respiration).

Les masques en cours de préparation en France

2 nouvelles catégories de masque ont été créés avec l’ANSM (sécurité du médicament), avec appel à propositions. En simple, ce sont des masques de protection contre les projections de gouttelettes, avec 2 niveaux de « filtration »:

  • pour les professionnels en contact avec le public
  • pour une personne en contact avec un groupe où chacun porte un masque.

Il y a un test de respirabilité et de filtration. Les 2 catégories sont définies par le pourcentage de particules filtrées.

Ils se différencient des tests sur les masques chirurgicaux de 2 manières:

  • filtration de particules non-biologiques > 3 microns (vs particules biologiques pour masque chirurgical, en l’occurrence des bactéries);
  • pas de test sur particules supérieures à 1 microns.

La filtration est évaluée avec une tête de mannequin simulant une respiration humaine dans une boite remplie de sels (par comparaison des densités dans la boite et dans la bouche du mannequin). Et/ou par un test de charge à l’huile de paraffine.

Quelque part, pour faire simple, on considère que les postillons / gouttelettes sont des balles de tennis, et on vérifie la capacité du filet à les arrêter. La vraie vie est différente, puisque les gouttelettes et postillons sont liquides, et en l’occurrence aqueuses.

Il y a 2 enjeux ou questions avec ces méthodes de qualification:

  • la transmission par aérosols; à ce jour, on peut juste dire qu’elle est possible et qu’on ne sait pas.
  • le comportement du virus en gouttelettes ou aérosols (milieu aqueux), sur un masque humidifié par l’air et la transpiration du porteur (milieu acqueux).

Le danger de la rumeur.

Dans un tel contexte où la science est prise au dépourvu, il y aura ceux qui veulent faire du business, ceux qui veulent être actif ou ne pas paraître inactif, ceux qui veulent capter la lumière, ceux qui veulent croire et vous faire croire, … avec de bonnes ou moins intentions … dans les médias, la politique, l’industrie, la science, la médecine, …

La seule réalité est qu’il y a trop peu d’études sur l’efficacité des masques. Et la seule conclusion qui parait sensée est qu’en l’absence de fait et d’étude scientifique validée consensuellement, chaque « expert » donnera un avis personnel et subjectif. Donc peut-être qu’il faut -pour l’instant- tout prendre comme les régimes miracles pour maigrir, fussent-ils présentés par un médecin: on a tellement envie d’y croire alors que cela ne marche pas depuis si longtemps. Contre les virus, il n’y a qu’une seule solution éprouvée = distanciation + hygiène + détruire / nettoyer le possiblement contaminé. C’est avec cela -avec l’aide de la recherche, des laboratoires et universités, des médecins et infirmiers, de l’industrie pharmaceutique- qu’on a vaincu.

Il est très intéressant de voir comment les différents pays gèrent le même problème; 2 pays s’en sortent mieux: la Chine et la Corée du Sud. Et l’Allemagne à degré moindre. Je lis donc ce qu’ils écrivent.

Ce qui est probablement certain?

Que le masque aide, s’il est en plus des autres pratiques, c’est probable en partie. Qu’il réduise les chances de transmettre parait d’une logique implacable, notamment parce que les aérosols expulsés par la toux auront une barrière franchir qui en stoppera mécaniquement une partie. Et comme on est tous dans la même galère, on est tous responsables et acteurs. D’autant que chacun peut être pré-symptomatique ou asymptomatique.

Après, il faut surtout ne rien lâcher sur les bases éprouvées, et donc l’hygiène, à commencer par quand on enlève le masque. Car n’oubliez jamais: même si vous avez un masque, vous devrez boire, manger, parler et être compris.

 

4 thoughts on “Efficacité des masques Barrières – Résumé simple des études Cliniques et Publications

  1. Isla dit :

    Que le masque aide, s’il est en plus des autres pratiques, c’est probable en partie. Qu’il réduise les chances de transmettre parait d’une logique implacable … on en reparlera quand de vraies études auront été faites.

    1. Certes, plus il y aura d’études … mais une étude solide, c’est au moins 5 ans de travail entre le projet et la publication … en attendant, qu’un masque réduise la quantité de postillons émis, leur vitesse ou leur portée, c’est physique et mécanique. Le mot est « réduit », pas annihile.

  2. andré dit :

    Selon Wikipédia, la taille des virus se situe entre 10 et 400 nanomètres (il faut 1000 nanomètres pour faire 1 micron). Les masques filtrant 1 à 3 microns laissent donc passer le virus et sont parfaitement inutiles, voire dangereux car ils freinent l’expulsion du CO2 et se changent en nids à microbes.

    1. Merci pour votre commentaire. De mon côté, ce que j’ai compris, c’est que le virus est véhiculé par des « gouttelettes », disons les postillons, incluant possiblement ce qu’on appelle les aérosols. Que les masques limitent leurs projections, et partant le risque de contaminer autrui. Quant au rôle de protection de soi, sur le fond, on sait que même les masques chirurgicaux ne sont pas suffisamment barrière … et que tout dépend de la distance. Sur l’aspect nid à microbes, clairement, oui, l’hygiène est clé.

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